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Habiba Menchari (1924)

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 Portrait autographé de l’activiste tunisienne Habiba Menchari et présenté à Mme. Eltaher. Au cours d’une conférence à Tunis en 1924, elle réclame publiquement la suppression du voile, et, joignant l'acte à la parole, se découvre le visage, provoquant un accueil mitigé de l'auditoire composé principalement d'hommes. Mme Menchari aussi plaida en 1928 l'évolution de la femme tunisienne et demanda l'abolition de la polygamie. Des lois ont été passées à cet effet lors de la présidence de Habib Bourguiba menant ainsi à la libération de la femme tunisienne.(ici)    
  « Réalités » : FEMMES ET HISTOIRE : Nos souvenirs sont nos seuls repères. Noura Borsali On tend souvent à penser que les femmes n’ont pas d’histoire ou que l’histoire s’est faite sans les femmes. Car, jusqu’aux travaux relativement récents de nos chercheurs, datant des dernières décennies du siècle précédent, il était rare qu’on signalât le rôle joué par les femmes dans le mouvement de libération nationale. Certes, cette perte d’une partie de notre mémoire collective s’explique—entre autres— par la récupération politique de la question de la femme par le parti-Etat. Et l’on ne s’étonnait pas de découvrir des signes d’interrogation sur les visages de ceux qui étaient venus à la galerie de l’information regarder les photos exposées, à l’occasion du 8 mars 1988, autour du thème “ Femmes et politique ” (exposition réalisée par Lilia Labidi et un groupe de femmes). Devant ces photos illustrant sur le vif des actions menées par des femmes, voilées ou non, le public n’a pas cessé de s’étonner et de s’exclamer : “ Mais les femmes ont joué un rôle dans l’histoire ! ”. “ Mais les femmes ont combattu ! ”, “ Où étaient donc ces documents ? Pourquoi n’avons-nous jamais eu l’occasion de les voir ? ” etc…Aussi est-il utile de restituer cette mémoire, encore vivante bien que longtemps réduite au silence, afin de réconcilier deux termes qui furent longtemps antonymes : “ femmes ” et “ histoire ”, en réhabilitant le rôle joué par ces dernières à partir des années 1930 afin de renouer les fils qui nous lient les uns aux autres à travers les mêmes souvenirs et les mêmes espoirs. Et reprenant son propre élan, cette mémoire pourra reconquérir la reconnaissance du monde. Me reviennent à la mémoire des noms de femmes comme Manoubia El Ouertani (1924), Najet Ben Othman (1925) et Habiba Menchari (1929) qui, dévoilées, apparurent sur la tribune publique (du parti socialiste), revendiquant la suppression du voile et la libération des Tunisiennes, provoquant ainsi l’anathème des oulémas. Un grand débat autour de la bataille du voile (1924-1929) eut lieu dans la presse socialiste ( Tunis socialiste ) et dans le journal réformiste tunisien En Nahdha et fut marqué par une polémique entre Habib Bourguiba et le socialiste Mohamed Naâmane. Me reviennent encore à la mémoire les visages de Salem Ben Hamida “ qui avait proclamé, déjà en 1911, la nécessité de la libération de la femme ” (M.Kraïem), de Hédi Laabidi “ qui incita, à partir de 1928, les femmes instruites à créer des clubs et associations féminines ” (Souad Bakalti) et de Tahar Haddad qui, en 1930, osa dénoncer, dans son ouvrage “ Notre femme dans la législation et la société ”, le sort lamentable réservé à la majorité des femmes. Ce qui lui valut une campagne et une persécution organisées par les cheikhs conservateurs de la Zitouna, le réduisant ainsi à la misère et à la solitude. Je revois la participation des femmes à la lutte de libération nationale, à travers leurs photos et témoignages vivants, soit par le biais de leurs organisations (“ Union des femmes de Tunisie ”, “ Union des jeunes filles de Tunisie ”, “ Scouts Musulmans ”, “Union musulmane des femmes de Tunisie ”…), soit par le biais de leurs partis politiques respectifs : le Néo-destour et le parti communiste, ou encore par le biais de l’UGTT et du mouvement fellagha. Ces manifestations publiques ou privées revêtirent de multiples formes. “ Leur participation, écrit Souad Bakalti, dans son ouvrage déjà cité, relevait d’une pratique souvent différente de celle des hommes, sous des formes variées. Elles effectuaient des quêtes clandestines destinées à subvenir aux besoins des familles des détenus, à assurer la défense des inculpés et à pourvoir aux frais de la propagande, propageaient des mots d’ordre du Parti, jouaient un rôle de sentinelles, transportaient des armes, préparaient les victuailles pour les prisonniers et pour les combattants. Elles participaient parfois aux manifestations, apportaient leur soutien aux hommes par leurs youyous sur les terrasses, dans la rue, dans les salles de réunion etc… ”. Comme elles ont joué, note-t-elle encore, “ un rôle d’appoint important pour les fellaghas qui menèrent une insurrection sanglante ”, avec l’appui du Néo-Destour. Faut-il rappeler que ces mêmes femmes, recouvertes de leur safsari ou d’autres voiles ou dévoilées, ont constitué des soutiens solides des hommes dans la lutte pour l’indépendance de leur pays ? C’est pourquoi nous redonnons la parole à ces femmes qui ont combattu pour la libération nationale et aussi pour une meilleure participation des Tunisiennes à cette lutte à travers les différentes associations, unions et sections féminines de l’avant-indépendance. C’est ainsi qu’à travers des témoignages vivants des représentantes de l’Union Musulmane des Femmes de Tunisie (UMFT), de l’Union des Femmes de Tunisie (UFT) et de l’Union des Jeunes Filles de Tunisie (UNJT) recueillis, en 1988, est retracé l’itinéraire de ce mouvement, modeste soit-il, mais qui eut le privilège de pousser des Tunisiennes à rompre les lieux de l’enfermement et à se tailler une place dans l’espace public et militant jusque-là réservé aux hommes (1). Que cet effort nous permette de sortir de l’ombre toutes ces figures connues ou anonymes pour contribuer, avec l’aide précieuse de nos chercheurs et de nos historiens (2) en particulier, à construire une sorte d’archéologie de la mémoire. Une mémoire que bien des femmes de leur vivant ont tenté de revivifier grâce à leurs seuls repères : leurs souvenirs. Même si le prix à payer de tout récit oral est celui, pour l’historien, de procéder à des vérifications et des recoupements afin d’assurer la crédibilité du discours historique. Tant il est vrai qu’en dehors des sources écrites et des archives qui ne sont pas toujours disponibles, demeurent les récits oraux qui dévoilent les limites et les défaillances de l’historiographie officielle et qui nous aident à appréhender les faits historiques et à reconstruire notre mémoire nationale multiple et diverse…C’est, en fait — comme le disait si bien Saint-Exupéry—en posant, chacun de nous, sa pierre que l’on contribue à bâtir le monde, non pas celui de la pensée unique mais celui de la richesse de la diversité. (1) Voir dossier “ Femmes et indépendance ” dans ce même numéro. (2) Réalités remercie, à ce propos, l’Institut Supérieur d’Histoire du Mouvement National (ISHMN) pour son aide précieuse. (ici)    
 voir notamment le livre de Ihlem Marzouki « Le mouvement des femmes en Tunisie au XXème siècle: féminisme et politique »

(ici)

 


 
 Ou encore « La femme tunisienne au temps de la colonisation: 1881-1956 » Par Souad Bakalti  (ici) 
 

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